Une demeure
du XVIe siècle
au cœur du pays bigouden
Construit à la fin du XVIe siècle et légué à l’Institut de France en 1928, le Manoir de Kerazan est une des plus anciennes seigneuries du pays bigouden. Il est inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques ainsi que son parc et son réseau hydraulique qui date du XVIIIe siècle.
Cinq siècles d'Histoire
Bâti au XVIe et XVIIe siècle par la famille de Kerfloux qui fait édifier les premiers éléments du manoir dans un style typiquement breton, le domaine passe au XVIIIe siècle aux mains de la famille de Rosmorduc qui y entreprend de grands travaux, fait construire un second niveau au manoir et aménage un parc à l’anglaise de cinq hectares.
Après la saisie du domaine comme bien national par un tribunal révolutionnaire en 1793, il est racheté par un architecte de Quimper, Louis Derrien. Son gendre, Édouard Le Normant des Varannes, installé chez lui à Kerazan, donne une impulsion considérable à l’économie de Loctudy. En cette première moitié du XIXe siècle, il crée un chantier naval, milite pour l’introduction de la culture de la pomme de terre en pays bigouden et fonde la première féculerie de Bretagne dans le parc de Kerazan. Il finit ruiné et le domaine doit être à nouveau mis en vente en 1847.
Alour Arnoult, son nouveau propriétaire, notaire à Pont-l’Abbé, décide d’en faire une résidence somptueuse. Sa fille Noémie épouse en 1855 un ancien militaire, Joseph Astor, Maire de Quimper. Son fils, Joseph Astor est élu Sénateur-Maire de Quimper à son tour. A l’initiative de la création du Musée des Beaux-Arts de Quimper, dont il est le premier Président, il constitue à Kerazan une magnifique collection d’art et travaille avec les plus grands artistes de la région. Joseph-Georges Astor, son petit-fils, lègue en 1928 le domaine de Kerazan et l’ensemble de la collection à l’Institut de France. Grand amateur d’art, il consacre sa vie à l’embellissement de la collection d’art familiale et au domaine.
L’Institut de France ouvre le manoir et le parc au public en 1932 et créer dans les communs une école d’art industriel gratuite pour les jeunes filles du territoire. L’école de broderie et de tapisserie cesse son activité en 1966 et le manoir se consacre alors pleinement à l’accueil de visiteurs.
L'Édito
Je mesure combien notre mission est cruciale et singulière. Nous ne nous prenons pas pour une institution inclassable ou supérieure, une tour d’ivoire jouissant d’un statut que d’aucuns jugent démodé.
Nous formons, dans nos spécificités, un lieu ouvert où peuvent s’exercer librement les travaux scientifiques, littéraires et artistiques, au service de tous.
C’est en cela que nous sommes une institution républicaine. C’est en cela que la France montre, en nous plaçant sous la protection du chef de l’État, qu’elle est fidèle à elle-même : une grande nation qui garantit la liberté de pensée, de création et de recherche, en dehors des querelles partisanes. Nous voulons scrupuleusement honorer cette confiance que la France nous a accordée.
Tel est bien notre engagement fondateur, celui que Boissy d’Anglas formula dans son discours – certes emphatique mais visionnaire – à la Convention nationale, le 23 juin 1795 : « Nous proposons de créer un Institut national [qui] honore non seulement la France seule, mais l’humanité toute entière, en l’étonnant par le spectacle de sa puissance et le développement de sa force. »
Toutes les conditions sont reunies pour poursuivre et reussir ce projet magnifique, grace a la volonte partagee et a la salutaire concorde de nos six entites (Academies et Institut).
À ma place, désormais, j’y concourrai de toute mon énergie, habité par la conviction que la culture et le savoir font prospérer l’unité, la force et la grandeur d’une nation.
Je mesure combien notre mission est cruciale et singulière. Nous ne nous prenons pas pour une institution inclassable ou supérieure, une tour d’ivoire jouissant d’un statut que d’aucuns jugent démodé.
Nous formons, dans nos spécificités, un lieu ouvert où peuvent s’exercer librement les travaux scientifiques, littéraires et artistiques, au service de tous. C’est en cela que nous sommes une institution républicaine. C’est en cela que la France montre, en nous plaçant sous la protection du chef de l’État, qu’elle est fidèle à elle-même : une grande nation qui garantit la liberté de pensée, de création et de recherche, en dehors des querelles partisanes. Nous voulons scrupuleusement honorer cette confiance que la France nous a accordée. Tel est bien notre engagement fondateur, celui que Boissy d’Anglas formula dans son discours – certes emphatique mais visionnaire – à la Convention nationale, le 23 juin 1795 : « Nous proposons de créer un Institut national [qui] honore non seulement la France seule, mais l’humanité toute entière, en l’étonnant par le spectacle de sa puissance et le développement de sa force. »
Xavier Darcos, chancelier de
l’Institut de France
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