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Kerazan est la seule demeure bretonne qui permet de découvrir l’intégralité d’un domaine breton de la fin du XIXe siècle : il présente non seulement l’ensemble de l’intérieur du manoir meublé, le parc, les communs, le vivier, et le potager.

Les aspects de la rivière de Pont-l’Abbé sont d’une grande richesse, d’une extrême variété. Partout, de la culture, des arbres donnent un ombrage qui prête un nouveau charme aux anses profondes où se développe leur feuillage ; partout de jolies habitations sur le bord du rivage. Le promeneur doit mettre pied à terre, pour visiter le château de Kerazan, maison moderne d’un très bon goût, renfermant toutes les dépendances nécessaires à l’habitation de l’homme ayant de la fortune, maison entourée de bois épais, d’allées superbes, de spacieux et magnifiques jardins, de fermes entretenues avec un soin particulier. On ne saurait imaginer combien l’habile direction donnée par le propriétaire de Kerazan à tout ce qui dépend de son domaine, a produit de bien dans les environs. 

Ainsi J. F. Brousmiche évoque-t-il Kerazan en 1829 dans "Voyage dans le Finistère".

Le cœur du domaine était constitué par le manoir lui-même, ses communs, son parc, et par la ferme attenante du "Grand Kerazan", la "grande ferme".

Ce qui caractérise cet ensemble, c’est son authenticité : les bâtiments sont restés intacts, le manoir a conservé son ameublement et ses collections, comme si Joseph Georges Astor venait de le quitter. L’aspect du parc n’a pas été modifié. La ferme du Grand Kerazan était encore exploitée il y a quelques années et a gardé son intégrité. Aussi Kerazan est-il perçu comme un lieu de mémoire.

Construit à la fin du XVIe siècle et modifié au XVIIIe siècle, le manoir de Kerazan est un témoignage caractéristique de l’architecture bretonne de l’époque classique. Seule l’aile droite, n’ayant subi aucune transformation, est entièrement d’origine avec ses lucarnes de pierres aux ornements massifs. Sur la façade ouest, les fenêtres du rez-de-chaussée ont été élargies au XVIIIe siècle, le bâtiment principal a été, à la même époque, surélevé d’un étage.

Sous le Second Empire, l’aspect de la toiture a été modifié, les Astor voulant l’embellir. Les lucarnes du XVIIIe siècle ont alors été remplacées, et les nouvelles, bien qu’en pierre et "dans le style" sont beaucoup plus travaillées. La façade est d’une simplicité élégante avec ses deux étages d’ouverture au linteau arrondi. Deux pilastres marquant les extrémités du corps du logis principal et deux bandeaux, l’un au rez-de-chaussée, l’autre au-dessus de l’étage, font tout l’encadrement décoratif.

Les dernières transformations sont dues au donateur. En 1912-1913, il fait agrandir et surélever un corps du bâtiment qui jouxtait le bâtiment principal et construire une tour d’escalier coiffée d’une poivrière. Suivant la lumière, les différentes tonalités de la pierre, du granit beige de la façade principale au gris bleu de l’aile du XVIe siècle, apparaissent et donnent à l’ensemble la noblesse des belles constructions bretonnes.